Crazy Infra
Un client. Trois jours. Un binôme. Vous concevez, déployez et sécurisez l'infrastructure complète d'une PME — réseau, Windows, Linux, virtualisation, pare-feu.
1. Contexte client
Atelier MÉRIDIEN
Le cabinet fonctionne aujourd'hui sur un disque partagé sans droits, une application métier hébergée sur un poste de travail, et un réseau sans segmentation ni inventaire. Il vous confie la refonte complète de son système d'information.
Expression de besoin
| # | Besoin | Exigence associée |
|---|---|---|
| 1 | Cloisonner l'accès aux données | Les architectes ne doivent pas accéder aux dossiers administratifs — contrats, paies, personnel |
| 2 | Centraliser les fichiers de projet | Source unique de vérité, forte volumétrie, fin des copies locales |
| 3 | Publier un site vitrine | Consultation seule, aucune saisie, sans exposer le réseau interne |
| 4 | Héberger l'application de suivi de projets | Application interne et sa base de données, sauvegardées et restaurables |
| 5 | Accueillir les visiteurs | Accès Internet uniquement, aucun accès au réseau interne |
| 6 | Contrôler l'impression | Traceur A0 partagé, impression restreinte à un groupe métier |
| 7 | Maîtriser la surface exposée | Inventaire des services ouverts, traçabilité, maîtrise des flux sortants |
Votre mission — 3 jours
- Cadrer — rédiger le cahier des charges à partir de ces sept besoins
- Concevoir — schéma réseau, plan d'adressage, matrice de flux
- Déployer — réseau, serveurs Windows et Linux, services
- Auditer — vérifier votre propre travail et documenter l'exploitation
Le besoin est exprimé, le périmètre ne l'est pas. Chiffrer, arbitrer et décider ce que vous ne ferez pas reste votre travail. Le formateur joue le client : venez lui poser vos questions.
Le piège est dans le besoin 3. Le site vitrine n'accepte aucune saisie : le serveur publié n'a donc aucune raison d'atteindre la base de données, et votre matrice de flux doit le refuser. Ouvrir ce flux « au cas où », c'est relier Internet à vos données de facturation.
2. Compétences du projet
Objectif général : à l'issue de ce projet, vous serez à même de vous projeter dans votre formation en conceptualisant et en réalisant un premier projet d'infrastructure réseau en équipe.
| # | Compétence du projet | Couverture | Mise en œuvre |
|---|---|---|---|
| 1 | Réaliser un cahier des charges d'envergure raisonnable | Excellente | Étape 1 imposée dès le cadrage · 2 pages · avec section « ce que je ne livre pas » |
| 2 | Réaliser un projet depuis un cahier des charges | Excellente | Déploiement et audit entièrement pilotés par le cahier rédigé au cadrage |
| 3 | Mettre en place le projet : matériel physique et virtualisation | Excellente | VM en permanence + créneaux sur le banc physique |
| 4 | Découvrir les outils mis à disposition de l'école | Bonne | Teams, émargement, réservation du banc, restitution inter-filières |
| 5 | Balayer les compétences travaillées dans l'année | Excellente | Réseau, systèmes, virtualisation, sécurité, audit, documentation |
Ce que vous allez toucher, par domaine
| Domaine | Cette semaine, vous manipulerez |
|---|---|
| Réseau | Adressage IP, VLAN, ports d'accès et trunk, routage inter-VLAN, DHCP, NAT |
| Windows | Windows Server, contrôleur de domaine, DNS, comptes et groupes, partages, GPO |
| Linux | Installation, ligne de commande, service réseau, droits, durcissement de base |
| Virtualisation | Machines virtuelles, snapshots, réseaux virtuels, allocation de ressources |
| Sécurité | Règles de pare-feu, ACL, DMZ, politique de mots de passe |
| Audit | nmap, John the Ripper, analyse de surface d'exposition |
| Méthode | Cahier des charges, schéma, documentation, procédures de dépannage |
3. Inventaire matériel
Dotation permanente
| Catégorie | Quantité | Statut |
|---|---|---|
| Poste capable d'héberger des VM | 1 | Disponible |
| Cisco Packet Tracer | 1 licence | Disponible |
| Windows Server — système déjà installé, non configuré | 1 | Fournie |
| Windows client — système déjà installé | 1 | Fournie |
| Linux (Debian / Ubuntu) — système déjà installé | 1 | Fournie |
| ISO des trois systèmes (si vous préférez installer vous-mêmes) | 1 jeu | Disponible |
| Fichier de hachages pour John the Ripper | 1 | Fourni pour l'audit |
| Cartes microSD | 1 | Fournie au démarrage |
| Espace de dépôt des livrables (Teams) | 1 | Disponible |
Banc physique — en rotation
| Catégorie | Quantité |
|---|---|
| Banc réseau — switch administrable + routeur + cordons console | 2 à 3 |
| Serveur physique — Raspberry Pi, démarre sur votre carte microSD | 2 à 3 |
| Station d'audit — Raspberry Pi avec nmap, image fixe, un seul port réseau | 2 à 3 |
| Câbles Ethernet + cordons console | — |
Un Raspberry Pi n'a qu'un seul port réseau : il ne peut être que dans un VLAN à la fois. Vous le débranchez d'un VLAN, vous le rebranchez sur un autre, vous relancez le même scan. Si le résultat ne change pas, votre segmentation n'existe pas. C'est la vérification par la preuve de votre matrice de flux — la maquette 3D ci-dessus vous montre à quoi ressemble le résultat attendu.
Chaque binôme réserve deux créneaux sur le banc. Objectif : que chacun ait au moins une fois branché un câble console et tapé une commande sur du vrai matériel.
Vos outils sont libres. Packet Tracer et les VM sont le minimum garanti par l'école. Si vous préférez GNS3, VirtualBox, VMware ou Proxmox, allez-y.
4. Votre binôme
Vous êtes 2, parfois 3. Il n'y a donc pas de spécialiste : vous faites tout, tous les deux.
C'est volontaire. Dans une petite structure, personne n'a le luxe de ne faire qu'une seule chose — et c'est exactement la situation dans laquelle vous serez en alternance.
Les casquettes tournantes
Vous ne vous répartissez pas les rôles : vous les alternez. Chaque demi-journée, vous échangez.
| Casquette | Mission pendant la demi-journée |
|---|---|
| Les mains | Tient le clavier, exécute, configure |
| La tête | Lit la documentation, cherche, vérifie, note ce qui est fait |
Pourquoi alterner plutôt que se répartir ? Parce que le binôme qui se répartit les tâches finit avec deux personnes qui savent chacune la moitié du projet. À la restitution, vous devrez tous les deux pouvoir répondre à n'importe quelle question.
La règle du « pourquoi »
Le formateur passera vous demander, au hasard : « pourquoi cette ligne ? »
Ce n'est pas un piège. C'est le seul moyen de distinguer ce que vous avez compris de ce que vous avez copié. Et le jour où quelque chose cassera, seul ce que vous avez compris vous servira.
Missions à répartir dès le départ
| Mission | Quand |
|---|---|
| Rédaction du cahier des charges | Au cadrage |
| Schéma réseau | Après le cadrage |
| Documentation | En continu — jamais le dernier jour |
| Démonstration de restitution | Avant la restitution |
5. Architecture cible
Voici un exemple schématisé de l'infrastructure cible
—
Le rendu 3D n'est pas disponible sur cet appareil. Voici la même architecture de référence.
INTERNET
|
+-------+--------+
| ROUTEUR / | NAT · relais DHCP
| PARE-FEU | regles de filtrage
+-------+--------+
| trunk 802.1Q
+-------+--------+
| SWITCH | VLAN · acces / trunk
+--+----+----+---+
+----------+ | +----------+
+-----+-----+ +-----+-----+ +-----+-----+
| VLAN 10 | | VLAN 20 | | VLAN 99 |
| SERVEURS | | BUREAUX | | ADMIN |
| AD · DNS | | postes | | poste |
| DHCP | | joints | | d'admin |
| Linux | | au domaine| | |
+-----------+ +-----------+ +-----------+
SOCLE SOCLE SOCLE
- - - - - - - OPTIONS - - - - - - -
+-----------+ +-----------+ +-----------+
| VLAN 30 | | VLAN 40 | | VLAN 50 |
| INVITES | | DMZ | | DONNEES |
| Wi-Fi | | serveur | | base de |
| isole | | publie | | donnees |
+-----------+ +-----------+ +-----------+
VLAN 999 natif blackhole
Architecture de référence. Les trois zones estompées sont des options, pas des attendus : le socle obligatoire est en section 5. Les adresses sont celles de la voie A.
Socle obligatoire — tous les binômes
| Catégorie | Composant | Support | VLAN |
|---|---|---|---|
| Réseau | Routeur / pare-feu · NAT · relais DHCP · 3 règles de filtrage minimum | VM pare-feu, ou routeur du banc | — |
| Réseau | Switch · minimum 2 VLAN · 1 port trunk · 1 port accès | Physique — banc en rotation | — |
| Identité | Windows Server : Active Directory + DNS + DHCP | VM | 10 |
| Client | Poste Windows joint au domaine | VM | 20 |
| Linux | Serveur Debian / Ubuntu rendant un service réel | VM ou Raspberry Pi | 10 |
| Fichiers | Partage réseau avec droits différenciés par groupe | sur le Windows Server | 10 |
| Comptes | Minimum 2 groupes métier + 4 utilisateurs nominatifs | annuaire | — |
Le test qui prouve que le socle fonctionne. Vous ouvrez une session avec le compte d'un employé du groupe A, vous accédez au dossier A, et vous êtes refusé sur le dossier B. Si le refus ne se produit pas, vos droits ne sont pas appliqués — c'est le piège le plus fréquent du workshop.
Le syllabus exige les deux mondes. Vous devez mettre en place le projet « en utilisant du matériel physique et des solutions de virtualisation ». La colonne Support ci-dessus n'est donc pas décorative : elle doit figurer sur le schéma que vous rendez. Au minimum, votre switch est physique et vos serveurs sont virtuels. Les Raspberry Pi des bancs comptent comme matériel physique.
Le DHCP est sur le Windows Server, pas sur le pare-feu. C'est un choix, tenez-vous-y : le syllabus vous demande de répartir les rôles sur les deux systèmes, et un DHCP qui vit à deux endroits produit des baux incohérents que vous mettrez une demi-heure à comprendre.
Conséquence : le serveur est dans le VLAN 10, les postes à servir sont dans le VLAN 20. Une requête DHCP ne traverse pas un routeur toute seule. Il vous faut donc un relais sur le pare-feu — ip helper-address côté Cisco, « relais DHCP » côté pfSense. Une ligne à configurer, un concept à comprendre.
Menu d'options — une fois le socle terminé
| Catégorie | Composant | Apport |
|---|---|---|
| Impression | Imprimante partagée déployée depuis le serveur | Déploiement + droits |
| Stratégie | GPO : fond d'écran, lecteur mappé, politique de mot de passe | Administration centralisée |
| Données | Base MySQL / MariaDB ou SQL Server, dans son propre VLAN 50 | Découpage en trois couches |
| Web | Site interne ou vitrine sur le serveur Linux | Service applicatif |
| Sauvegarde | Sauvegarde + restauration démontrée | La plus utile de toutes |
| DMZ | Zone démilitarisée avec service publié | Exposition maîtrisée |
| Sans-fil | Wi-Fi invité isolé du réseau interne | Segmentation |
| Inter-sites | VPN ou tunnel entre deux sites | Liaison distante |
| Supervision | Tableau de bord de l'état des serveurs | Exploitation |
Si vous ne prenez qu'une option, prenez sauvegarde + restauration. C'est celle qui vous sauvera le plus souvent la vie en entreprise, et personne ne la fait jamais parce qu'elle n'est pas spectaculaire.
Où placer la base de données
Le syllabus vous demande de choisir une solution de base de données. La question qui compte n'est pas laquelle, c'est où la poser. La réponse dépend d'une seule information : qui la consomme.
| Placement | Quand c'est juste | Quand c'est une faute |
|---|---|---|
| Dans la DMZ | Jamais | Toujours. Une machine exposée à Internet n'héberge pas les données. |
| Avec les serveurs (V10) | La base ne sert que des applications internes | Dès qu'un service en DMZ doit la lire : vous ouvrez un chemin DMZ → interne |
| Dans un VLAN dédié (V50) | Un service exposé consomme les données, ou les données sont sensibles | Sur une très petite structure sans exposition : c'est de la sur-ingénierie |
Pour ce workshop, prenez le VLAN dédié. Il rend visible le découpage en trois couches — présentation en DMZ, application, données — que vous retrouverez partout dans votre carrière. Et il crée une seconde impasse, miroir du VLAN Admin : celui-ci joint tout le monde sans être joignable, la base est jointe par une seule machine et ne joint personne.
Le principe de la DMZ
Si votre client a besoin d'un service accessible depuis Internet, il ne va pas sur le réseau interne. Il va dans une zone à part.
La DMZ peut être jointe depuis Internet. Elle ne doit jamais pouvoir joindre le réseau interne.
Le test qui prouve que votre DMZ est correcte : depuis le serveur en DMZ, vous tentez de pinguer votre contrôleur de domaine. Ça doit échouer. Si ça répond, votre DMZ n'est qu'un VLAN de plus avec un joli nom.
6. Plan d'adressage
Vous concevez votre propre plan, cohérent avec le nombre d'utilisateurs annoncé dans votre cahier des charges. Deux voies possibles.
Voie A — un /24 par VLAN
Recommandée si vous découvrez l'adressage. Lisible, sans calcul, sans piège.
| VLAN | Rôle | Hôtes prévus | CIDR | Gateway | Hôtes notables |
|---|---|---|---|---|---|
| 10 | Serveurs | 10 | 192.168.10.0/24 |
.1 |
Windows Server .10 · Linux .20 |
| 20 | Bureaux | 30 | 192.168.20.0/24 |
.1 |
DHCP .100 – .200 |
| 30 | Invités | 20 | 192.168.30.0/24 |
.1 |
DHCP .100 – .200 · aucun accès interne |
| 40 | DMZ (option) | 5 | 192.168.40.0/24 |
.1 |
Serveur web .10 |
| 50 | Données (option) | 3 | 192.168.50.0/24 |
.1 |
Base de données .10 |
| 99 | Administration | 5 | 192.168.99.0/24 |
.1 |
Switch .2 · Routeur .3 |
| 999 | Natif blackhole | — | — | — | Aucune interface, aucun port |
Les effectifs viennent de votre client, pas de ce tableau. « Nombre d'utilisateurs et de postes de travail » est la première ligne de l'analyse des besoins du syllabus : c'est ce qui justifie chacun de vos masques. Les chiffres ci-dessus correspondent à une PME d'une vingtaine de personnes — recomptez pour le vôtre.
Voie B — un seul /24 découpé en VLSM
Pour les binômes qui veulent aller plus loin. Plage majeure : 192.168.100.0/24
| VLAN | Rôle | Besoin | CIDR | Plage utilisable | Gateway |
|---|---|---|---|---|---|
| 20 | Bureaux | 30 | 192.168.100.0/27 |
.1 – .30 |
.1 |
| 30 | Invités | 20 | 192.168.100.32/27 |
.33 – .62 |
.33 |
| 10 | Serveurs | 10 | 192.168.100.64/28 |
.65 – .78 |
.65 |
| 40 | DMZ | 5 | 192.168.100.80/29 |
.81 – .86 |
.81 |
| 99 | Administration | 5 | 192.168.100.88/29 |
.89 – .94 |
.89 |
| 50 | Données | 3 | 192.168.100.96/29 |
.97 – .102 |
.97 |
| — | Réserve | — | 192.168.100.104 → .255 |
— | — |
Regardez le VLAN 20 : un /27 offre exactement 30 adresses utilisables pour 30 postes. Ça tient — mais il ne reste aucune place pour un nouvel employé. Feriez-vous ce choix chez un vrai client, ou prendriez-vous un /26 ? Justifiez votre décision dans votre cahier des charges : c'est exactement le type d'arbitrage qu'on attendra de vous.
Conventions imposées — quelle que soit la voie
| Règle | Détail |
|---|---|
| Passerelle | Toujours la première adresse utilisable du sous-réseau. Une seule convention, partout. |
| Serveurs | Adresses fixes, jamais en DHCP |
| Nommage | SRV-AD-01, SW-CORE-01, FW-01 — décidé au cadrage, écrit dans le cahier des charges |
| VLAN 999 | aucune interface · non autorisé sur les trunks |
| Ports inutilisés | Désactivés administrativement |
7. Matrice de flux & audit
C'est le document central du projet. Vos règles de pare-feu ne sont que sa traduction. Écrivez-la avant de configurer quoi que ce soit.
Matrice de référence — à adapter à votre client
| Source | Destination | Service | Autorisé ? |
|---|---|---|---|
| V20 Bureaux | V10 Serveurs | AD / DNS / partages | AUTORISÉ |
| V20 Bureaux | Internet | HTTP / HTTPS / DNS | AUTORISÉ |
| V30 Invités | Internet | HTTP / HTTPS / DNS | AUTORISÉ |
| V30 Invités | V10, V20, V99 | n'importe | DENY |
| Internet | V40 DMZ | HTTPS :443 | AUTORISÉ |
| V40 DMZ | V10 Serveurs | n'importe | DENY |
| V40 DMZ | Internet sortant | n'importe | DENY |
| V99 Admin | Tous VLAN | SSH / HTTPS / RDP | AUTORISÉ |
| Tout VLAN | V99 Admin | n'importe | DENY |
| Tous VLAN | V10 (DNS) | DNS :53 | AUTORISÉ |
| Tous VLAN | V10 (NTP) | NTP :123 | AUTORISÉ |
| Serveur applicatif (V10) | V50 Données | 3306 ou 5432 | AUTORISÉ |
| V20 Bureaux | V50 Données | base de données | DENY |
| V40 DMZ | V50 Données | n'importe | DENY |
| V99 Admin | V50 (hôte) | SSH / RDP | AUTORISÉ |
| V50 Données | tout | n'importe | DENY (sortant) |
| Internet | Interne | n'importe | DENY (défaut) |
17 règles. Chacune doit répondre à quatre questions dans votre documentation : qui, vers qui, quel service, et surtout pourquoi.
Deux règles qu'on oublie systématiquement, et sans lesquelles rien ne marche.
DNS — sans elle, vos postes ne résolvent rien et vous croirez que « le réseau est cassé ».
NTP — sans synchronisation horaire, l'ouverture de session sur le domaine échoue « sans raison ».
Terminez toujours par une règle de refus explicite. Ce qui n'est pas autorisé est interdit, jamais l'inverse.
La règle sortante de la base est celle que personne n'écrit. Une base de données répond à des requêtes ; elle n'a aucune raison d'initier une connexion vers quoi que ce soit. Interdire son trafic sortant arrête la moitié des exfiltrations, parce qu'une base compromise ne peut plus rien envoyer dehors.
L'erreur que vous allez commettre. Vous allez vouloir ouvrir Bureaux → Données sur le port de la base, parce que votre outil d'administration tourne sur votre poste et « il faut bien qu'il se connecte ». C'est ainsi que chaque poste du parc devient un point d'entrée vers les données. Deux issues acceptables, à trancher et à justifier dans votre rapport : soit l'accès passe par l'application, soit l'administration passe par un rebond sur le VLAN 99. Pas de troisième voie.
Audit de votre propre infrastructure
Vous auditez votre propre infrastructure. Vous jouez l'attaquant contre vous-mêmes.
nmap — découvrir ce que vous exposez
nmap -sn 192.168.10.0/24 # Qui est vivant sur le réseau ? nmap -sV <IP_de_votre_serveur> # Quels services, quelles versions ? nmap -p- <IP_de_votre_serveur> # Tous les ports — c'est long
Le vrai exercice n'est pas de lancer la commande. C'est de regarder le résultat port par port :
| Question | Action |
|---|---|
| Savais-je que ce port était ouvert ? | Si non → vous venez d'apprendre quelque chose sur votre propre infra |
| Ai-je besoin de ce service ? | Si non → fermez-le, et notez-le |
| Sa version est-elle à jour ? | Si non → notez-le comme point d'amélioration |
Livrable : un tableau « avant / après » — ports ouverts au premier scan, ports fermés, et pourquoi vous avez gardé les autres.
La station d'audit — vérifier la matrice par la preuve
Dans la maquette 3D, la station d'audit se branche dans le VLAN de votre choix. Lancez le même scan depuis chaque VLAN et regardez ce qui répond. C'est votre matrice de flux, vérifiée empiriquement.
| Depuis | Ce qui doit répondre | Ce que ça prouve |
|---|---|---|
| V20 Bureaux | Serveurs, imprimante, et les autres postes, Internet | Le pare-feu ne voit pas le trafic intra-VLAN |
| V30 Invités | La borne et Internet, rien d'autre | L'isolement du réseau invité |
| V40 DMZ | Le serveur publié seul — même pas Internet | La règle sortante bloque l'exfiltration |
| V10 Serveurs | Les serveurs, mais pas la base | La règle 12 vise un hôte, pas tout un VLAN |
| V50 Données | La base seule | Un VLAN de données ne parle à personne |
| V99 Admin | Tout | Pourquoi personne ne doit pouvoir y entrer |
Refaites-le sur votre propre infrastructure, avec le Raspberry Pi du banc d'audit. Vous le débranchez d'un VLAN, vous le rebranchez sur un autre, vous relancez la même commande. Si le résultat ne change pas, votre segmentation n'existe pas.
John the Ripper — comprendre la faiblesse des mots de passe
Uniquement sur le fichier de hachages fourni par le formateur. Voir la section 8.
Lancez l'outil et chronométrez :
| Mot de passe | Cassé en |
|---|---|
azerty |
|
Meridien2026 |
|
P@ssw0rd! |
|
| une phrase de passe longue |
Ce que vous devez en retirer et écrire dans votre documentation : la longueur bat la complexité. P@ssw0rd! respecte parfaitement une politique « majuscule + chiffre + caractère spécial » et tombe en quelques secondes. Vous rédigerez donc une politique de mots de passe pour votre client, justifiée par vos propres chronos.
8. Cadre éthique
Vous allez manipuler nmap et John the Ripper. Ce sont de vrais outils : ceux qu'utilisent les professionnels, et ceux qu'utilisent les attaquants. La différence entre les deux n'est pas technique. Elle est juridique, et tient en un mot : l'autorisation.
À faire
- Scanner votre propre infrastructure de workshop
- Casser le fichier de hachages fourni par le formateur
- Scanner une autre équipe si elle vous y autorise à l'oral, devant le formateur
- Utiliser des mots de passe et des données inventés
- Documenter chaque commande d'audit lancée
- Snapshoter avant chaque manipulation risquée
- Demander de l'aide après 15 min de blocage
- Supprimer les preuves d'audit avant de partir — hachages, rapports nmap, captures
À ne pas faire
- Scanner le réseau de l'école, son Wi-Fi, ses serveurs, ses imprimantes
- Casser des hachages issus d'une vraie machine, y compris la vôtre
- Scanner une autre équipe sans son accord explicite
- Mettre de vraies données personnelles — les vôtres ou celles de vos proches
- Réutiliser un de vos vrais mots de passe personnels dans le workshop
- Toucher au matériel d'une autre équipe ou au banc d'un autre créneau
- Rester bloqué en silence pendant une heure
- Laisser traîner un fichier de hachages ou un rapport de scan sur un poste partagé
9. En cas de blocage
1. Relire le message d'erreur. En entier. 2. Vérifier la couche du dessous : câble → interface → VLAN → adresse IP → route → pare-feu → service 3. Demander à son binôme, puis à l'équipe d'à côté 4. Après 15 minutes sans avancer : appeler le formateur
Règle des 15 minutes : ne restez jamais bloqués plus de 15 minutes sans agir. Rester bloqué n'est pas de la persévérance — c'est du temps perdu. Demander de l'aide est une compétence professionnelle, celle-là même que votre maître d'apprentissage attendra de vous.
Réflexe de diagnostic — toujours dans cet ordre
| Couche | Question | Commandes |
|---|---|---|
| 1 — Physique | Le lien est-il actif ? | Voyant du port · show interface status |
| 2 — Liaison | Bon VLAN ? Trunk correct ? | show vlan brief · show interface trunk |
| 3 — Réseau | Adresse, masque, passerelle bons ? | ipconfig /all · ip a · ip route |
| 3 — Routage | La route de retour existe-t-elle ? | tracert · traceroute |
| 4 — Filtrage | Le pare-feu laisse-t-il passer ? | Journaux du pare-feu · Test-NetConnection |
| 7 — Service | Le service écoute-t-il ? | netstat -ano · ss -tlnp · systemctl status |
Neuf problèmes sur dix seront en couche 2, 3 ou 4. Ne débuggez jamais un service applicatif avant d'avoir vérifié que le paquet arrive.